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Vlan #68 Les gilets jaunes et l’usage sombre des réseaux sociaux

mardi 27 novembre 2018 à 07:27

Fabrice Epelboin est enseignant à Science Po Paris autour des problématiques de surveillance de masse, de cybersécurité et de l’usage sombre des réseaux sociaux.
Je n’aime pas traiter des sujets d’actualité sur mon podcast mais nous devions enregistrer avec Fabrice et il est impossible d’ignorer les « gilets jaunes » quand on discute avec lui.
Notre seule volonté est sans doute de donner un éclairage différent et de montrer une fois de plus l’usage des réseaux sociaux dans le phénomène mais aussi de comprendre pourquoi nous en sommes là aujourd’hui.
J’ai conscience qu’il y a de nombreux articles et vidéos sur le sujet mais je crois que l’angle par lequel nous l’abordons est plutôt inédit ou pas assez traité, je vous en laisse juge.

La discussion pourrait durer 3h sans aucun souci mais nous avons essayé de nous restreindre au format de Vlan soit en 30 minutes environ.

 

Les gilets jaunes n’auraient pas pu exister sans Facebook et Google Maps

 

Comme discuté au préalable avec Guy Philippe, il a été prouvé que l’on peut utiliser les réseaux sociaux et en particulier Facebook afin de manipuler à grande échelle les opinions.
Plusieurs révolutions ont eu lieu en raison de Facebook et certains régimes se sont d’ailleurs fait renversés.
Que ca soit la révolution arabe, l’élection de Trump ou d’autres régimes, on a bien vu l’impact que pouvait avoir les réseaux sociaux.
Dans le cas des gilets jaunes ce qui est intéressant ce n’est pas la manipulation de masse mais plutôt l’usage de Facebook et Google Maps.
Les gilets jaunes ne sont pas un mouvement mais l’expression d’une colère généralisée totalement organique.
Cette colère a pris sa source dans de nombreux foyers et c’est structuré sur des groupes Facebook.
Le constat principal reste que dans la mesure ou la moitié des français ne s’informent que par Facebook, la plateforme devient beaucoup plus centrale que les créateurs de contenus.
Avec le bémol suivant, c’est que Facebook est un distributeur de contenus très sophistiqué que l’on peu acheter et donc influencer.
Comme le souligne Fabrice, il serait possible de cibler (geo targeting) les foyers des gilets jaunes avec des campagnes facebook pour embraser les foules.
Il suffirait de leur montrer énormément d’articles réels (pas des fake news) avec lesquels ils ne sont pas en accord.
Nous savons où ils sont et nous pouvons les cibler, nous savons quoi leur montrer, c’est relativement simple et peu couteux.
Cela peut faire peur mais c’est la réalité aujourd’hui.

 

Les gilets jaunes sont ils des « fachos »?

 

C’est en tous cas ce que l’on lit partout.
D’ailleurs, il y a effectivement des accidents racistes parmi les rassemblement des gilets jaunes.
De plus, il est intéressant de se rendre compte qu’en regardant les photos des gilets jaunes il n’y a ni noirs ni arabes donc tout cela pourrait conforter l’idée.
Toutefois, ce que relève Fabrice, ce sont plusieurs choses.
D’abord, dans la mesure ou les gilets jaunes représentent la majorité des français, il est impossible de les regrouper sous le terme « Fachos ».
Les gilets jaunes ne sont pas « un mouvement » mais 2 000 mouvements qui viennent de la base et ne sont pas organisés par qui que ce soit même s’il y a des appropriations politiques.
Enfin, les regrouper sous le terme de « facho » ne permet pas de résoudre les soucis donc c’est inutile.
Les gilets jaunes ne sont pas nécessairement là pour négocier mais pour s’opposer et exprimer de la colère.
Il faut écouter cette colère qu’on peut avoir du mal à comprendre quand on est citadin mais, selon Fabrice, les gilets jaunes sont l’expression de tout ce qu’on a voulu taire voire censurer pendant des décennies.
Par exemple la perte de crédibilité de tous les corps intermédiaires, le communautarisme, la montée du religieux, le racisme et de nombreux autres sujets…
Et selon Fabrice, on voit partout ces communautés se radicaliser même les vegans qui commencent à attaquer des boucheries.

 

Selon Fabrice, nous ne sommes qu’au début d’une contestation majeure en France qui vient de la base.
Pour le décrire au mieux, Fabrice envisage un Mai 81 inversé  mais nous aurions tort de prendre tous ces mouvements de haut.
Il faut débattre des sujets qui fâchent et faire face réellement à ce qu’est la France dans son intégralité et ne pas faire comme si tout cela n’existait pas.
Depuis les années 80, nous avons tout géré par la censure mais ne pas parler du racisme ne le fait pas disparaitre.

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Vlan #67 Comment approcher sa masculinité et être pro #Metoo?

mardi 20 novembre 2018 à 08:00

Jerry Hyde est un thérapeute anglais qui s’est spécialisé sur les groupes d’hommes et donc sur la masculinité.
Rétrospectivement, 1 an après le début du mouvement #metoo, je me suis posé beaucoup de questions sur les hommes, les femmes, la masculinité et la féminité et cet épisode est à l’image de mes questionnements.
Dès lors, je vous invite à écouter l’intégralité du podcast (idéalement dans sa langue originale l’anglais) et pas qu’un seul bout parce qu’un message aurait pu vous perturber.

Voici la version anglaise:

Et la version française:

J’ai voulu traiter de ce sujet car je continue moi même de me poser des questions et que le rapport au genre fait parti intégrante des révolutions sociétales que nous sommes en train de traverser.
Ce podcast est en 2 langues, anglais et français pour qu’il soit accessible au plus grand nombre mais je vous recommande vivement la version anglaise (en version originale) si pouvez vous le permettre.

Bien sur, si vous le souhaitez vous pouvez vous abonner à ce podcast ! N’hésitez pas 🙂

 

 

Masculinité/Fémininité: il faut en finir avec cette guerre des sexes

 

Comme le souligne dès le début du podcast Jerry Hyde, on apprend aux petits garçons à se battre, à être durs mais jamais à avoir accès à leur émotions et par conséquent des années plus tard, ils n’y arrivent pas ou n’osent pas le faire.
Il s’agit d’accepter et de reconnaitre qu’on a été blessé mais aussi de savoir communiquer à l’autre d’une manière non violente son émotion.
C’est peut être cela qui est en partie à l’origine de l’incompréhension entre hommes et femmes mais quoiqu’il en soit, on ne peut que constater que pour une part des féministes, il y a une bataille à mener.
Jerry explique que ce langage guerrier ne peut pas aider la cause, car il ne fait qu’enflammer la situation.
Selon lui, il n’y a pas de guerre ou de bataille car une personne bien équilibrée est une personne qui doit bien gérer son masculin et son féminin que nous avons tous (hommes et femmes) en nous.
Par conséquent, à travers son travail, il pense qu’en aidant les hommes à accepter leur part féminine, cela permettra de simplifier leurs rapports au quotidien et la manière dont ils envisagent les émotions.
C’est le travail qu’ils doivent faire car il est trop peu présent dans notre culture occidentale d’accepter sa part de féminité.
Et les hommes ne bossent pas assez sur eux.
Il est évident qu’un être humain est égal à un autre être humain avant de considérer son sexe, sa couleur de peau, ses préférences sexuelles ou encore sa provenance.
Ce préambule fait, il y a encore beaucoup de mouvements dans lesquelles les femmes essaient de prouver qu’elles peuvent être l’égal des hommes mais en intégrant des forces dîtes « masculines » comme le pouvoir, la force physique ou autre…
Elles ne célèbrent pas suffisamment la puissance féminine qui est toujours vécue comme un aveu de faiblesse en particulier lorsqu’elle s’exprime chez l’homme.
Pourtant il y a beaucoup de puissance dans le féminin mais à vouloir dire que nous sommes les mêmes, hommes et femmes vont y perdre.
Pour Jerry Hyde, nous ne sommes pas les mêmes et nous ne voulons certainement pas l’être.

 

 

Les hommes ne doivent pas s’excuser de leur masculinité

 

A travers ces différents mouvements, il est intéressant de noter que les hommes deviennent des censeurs d’autres hommes.
Cela m’est d’ailleurs personnellement arrivé sur le compte instagram d’une influenceuse avec laquelle je discute régulièrement en privée. J’ai fait une blague sexuelle en commentaire public sur une des ses publications et j’ai trouvé intéressant de constater que ceux qui se sont abattus sur moi étaient des hommes, pas des femmes et il a fallu que l’influenceuse intervienne.
Je crois que cela résume bien la situation même si l’idée n’est certainement pas de nier qu’il y a une masculinité toxique et des hommes un peu partout qui abusent de leur pouvoir et de leur force physique.
Evidemment cet état d’esprit doit être combattus avec force par tous mais pas au prix de la masculinité.
Comme l’explique de manière particulièrement intéressante Jerry, il s’est beaucoup battu contre cette idée que tous les hommes sont des violeurs potentiels mais il a fini par l’accepter et se dire « oui c’est vrai, je suis un violeur potentiel et je suis fier d’être capable de gérer cette énergie en moi et de ne pas passer à l’acte ».

Cela vaut beaucoup mieux que de s’excuser d’être un homme car cette posture ne permet pas de faire avancer quoique ce soit.
Les hommes doivent accepter leur part féminine, accéder à leur vulnérabilité et être en charge de leur masculinité.
En aucun cas, « l’homme du futur » (si tant est que cela veuille dire quelque chose) doit être l’équivalent de la femme car ce n’est pas très sexy ni même réaliste.
Beaucoup de personnes sont en train de se perdre en chemin.

 

Il y a beaucoup à dire sur le sujet de la masculinité et dans ce podcast nous abordons d’ailleurs beaucoup plus largement le sujet.
Je sais que le sujet est tendancieux donc je serai curieux d’avoir vos questions et vos remarques si vous êtes intéressés à continuer le débat en dehors du cadre de cet épisode de podcast.

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Vlan #66 Le Chief Happiness Officer est-il un bonimenteur?

mardi 13 novembre 2018 à 16:55

Arnaud Collery est un chief Happiness Officer et l’auteur de Mister Happy et je n’ai pas hésité à le bousculer pour cette interview.
Les discours sur le bonheur et les Chief Happiness Officer (CHO) fleurissent dans tous les sens en ce moment et nous sommes en droit de nous demander si c’est un effet de mode ou à l’inverse un pansement à une société malade?
Le magazine l’ADN s’est moqué dernièrement dans un article titré « Non, le ping pong et les apéros ne feront pas le bonheur de vos salariés ».
D’autres parlent de la tyrannie du bonheur comme l’auteur et sociologue Eva Illouz

Alors par delà le cliché, je voulais explorer avec l’un des plus anciens C.H.O. que je connaisse si ce métier avait une vraie utilité.

Chief Happiness Officer: bullshit ou pas?

Selon Arnaud, tout est une question d’authenticité.
Dans la mesure ou pour fédérer ses employés, il faut créer un attachement émotionnel avant tout, cela passe nécessairement par l’authenticité au sein de l’organisation.
Comme il le rappelle, il ne s’agit pas qu’un manager rende heureux les salariés bien sur mais de leur permettre de libérer leurs émotions en acceptant l’état émotionnel dans lequel ils ou elles se trouvent chaque jour.
Selon lui, cela permet plus de créativité et de productivité.
Le bien être au travail est donc au centre de l’entreprise puisque cela aide autant les salariés que l’entreprise.
C’est selon lui d’ailleurs une des révolutions à laquelle les entreprises doivent faire face et de nombreux Chief Digital Officer en parle comme Maud Bailly chez Accor d’ailleurs.
Au final pour Arnaud le C.H.O. est un « simple » accélérateur d’empathie.
Un besoin d’autant plus important pour les hommes en particulier ont un accès difficile à leur vulnérabilité et plus généralement à leurs émotions.
D’ailleurs, selon lui, ce n’est certainement pas un truc de bobos parisiens qui n’ont que cela comme souci, mais bien un élément essentiel pour l’ensemble des salariés puisque les bases de son métier sont le respect et l’écoute.

Le Chief Happiness Officer, c’est juste pour générer plus de profits?

C’est évidemment un reproche que l’on fait systématiquement à ce métier.
Si les patrons décident de s’engager dans la voie du bonheur au travail et que cela n’est qu’une question de profit alors on peut se demander si nous souhaitons vraiment aller dans cette voie.
La réponse d’Arnaud est relativement simple.
Pour lui, l’impact sur le profit n’est pas son enjeu principal, il s’intéresse principalement à l’humain.
Par conséquent, ce qu’il souhaite avant tout, c’est de s’assurer que les personnes soient bien dans leur travail et on peut se dire qu’il y a matière à se poser question avec les vagues de suicides que l’on voit régulièrement dans les news…
Dans ce cadre, un article vient de paraitre en Belgique met en exergue l’augmentation du Burn out parental.
Cela repose légitiment la question du bien être au travail en particulier dans des vies où l’on jongle tous entre vie perso et vie pro…
Et évidemment, se sentir bien dans son travail peut avoir un impact important sur le fait de mieux gérer ce stress.
Toutefois Arnaud ne croit pas dans cet équilibre, il préfère parler d’intégration d’une vie dans l’autre que de balance.
Permettre aux personnes d’exprimer leurs émotions permet, selon Arnaud, d’amplifier les personnes, et d’être « les meilleures versions d’elles mêmes ».
Il est évident pour Arnaud que des personnes mieux dans leur travail, vont produire plus et que cela va profiter à l’entreprise.
Une étude a même prouver que cela pouvait améliorer la productivité jusqu’à 30 %.
Mais encore une fois, c’est plus une conséquence qu’un objectif.

Au final pour Arnaud, loin d’être du bullshit, ce métier répond sans doute à un mal de société dans laquelle nous avons concentré nos efforts pendant longtemps sur le profit.
Et ce faisant, nous avons oublié qu’à l’origine de tout, il y avait des hommes et des femmes.
C’est donc un juste retour de balancier de retrouver des principes de bases de vie en société

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Vlan #65 Pourquoi vivons nous dans une société en défaillance?

mardi 6 novembre 2018 à 08:31

Michael Dandrieux est sociologue de l’imaginaire mais aussi professeur à Science Po Paris et il s’intéresse naturellement au futur de notre société.
Il possède un angle particulier puisqu’il s’intéresse aux imaginaires collectifs mais aussi aux futurs souhaitables.
Le minimum est de se rendre compte que nous en avons grandement besoin.
Entre la crise écologique liée à nos modes de vie supposés non négociables, les crises humanitaires liées à la crise écologique et aux ventes d’armes, la montée du fascisme un peu partout dans le monde.
Difficile de ne pas se poser de questions… Mais ce que j’ai eu envie de comprendre avec Michael, c’est pourquoi notre société est en défaillance et privilégie des extrémistes pour définir une voie possible.
La seconde guerre mondiale n’est pas assez loin pour que l’on ait oublié les ravages de la haine de l’autre et pourtant, nous y retournons, c’est donc intéressant de se poser pour comprendre ce mouvement.
Cela complète l’épisode la semaine dernière sur la manipulation des émotions avec Guy Philippe Goldstein.


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Notre société à « le cul entre 2 mythes »

 

Le terme « mythe » peut faire peur et vous vous demandez peut être où je vais vous amener mais finalement il est essentiel pour lire notre société de comprendre que nous fonctionnons avec des mythes communs.
C’est, entre autre, ce qui soude notre société.
Ainsi comme l’explique Michael, le mythe du 20ème siècle s’appuyait sur la maitrise de l’Homme par la technique.
Nous allions maitriser la nature, l’être humain (la vie, la mort, la longévité) etc….
Ce mythe de la domination de l’Homme par la technique nous a permis beaucoup de réussites en particulier sociales.
Comme l’explique à la fin de l’épisode Michael, le 20eme siècle a tenu sa promesse quelque part mais ce faisant il a supprimé la magie du monde et ce faisant l’espérance.
Et ces 100 dernières années d’amélioration de l’existence sont notre manière de lire et de comprendre le monde.
On ne peut pas faire sans cet héritage extrêmement fort et en même temps ce n’est pas ce que je souhaite pour mes enfants. Et d’ailleurs, ces derniers ont déjà une vision du monde différente de la notre.
Mais alors comment remplacer, avec quels outils et quelles croyances?
Selon Michael, nous passons d’un mythe très Prométhéen donc très fort, masculin à un mythe Dyonisaque donc plus libre, plus végétal, plus festif avec un retour du corps et du mystique.
Il n’y a plus de règles dans cette époque et cette liberté peut faire peur pour certaines personnes car on ne sait plus bien s’inscrire dans cette société.
Cela explique sans doute la montée du fascisme un peu partout.

 

Une trop grande liberté peut donner le vertige à notre société

Emile Durkheim, père de la sociologie parlait déjà de la peur de l’infini que procurait une trop grand liberté.
Il est vrai que c’est la 1ère fois dans l’histoire contemporaine voire plus largement, que l’Homme doit tout choisir par lui même.
Les dogmes religieux sont tombés dans un certain nombre de sociétés, il n’y a plus de règles, nous pouvons décider de tout par nous même.
Mais cela créé de nouvelles questions nécessairement: quelle est la meilleure éducation pour mes enfants? Comment gérer au mieux son couple? Comment trouver un équilibre entre vie privée et vie professionnelle?
Tous ces questionnements peuvent donner le tournis et donner envie que quelqu’un nous donne des réponses simples et claires.
En 2 mots: qu’il ou elle nous rassure.

Et dans ce cas, rien de plus simple que de se rapprocher d’un petit groupe de gens qui pensent comme soi et nous maintiennent dans nos croyances.
C’est la raison pour laquelle nous assistons à un retour des tribus en tout en genre dans notre société.
Dans ce contexte, l’altérité peut faire peur car nous avons du mal à nous projeter dans un mythe collectif.
Mais comme le souligne Michael, si chacun construit son petit mythe alors personne n’a de grande histoire dans laquelle se retrouver.

Notre société a besoin d’avoir une vision à 30 ou 50 ans et c’est loin d’être le cas actuellement.
Nous pourrions nous dire que notre grande cause commune serait la sauvegarde de la vie mais ce qu’explique Michael, c’est qu’à l’inverse, l’écologie est devenu un accélérateur du totalitarisme.
En effet, dans la mesure ou les gens ont peur, ils préfèrent être dans le déni avec une personne qui les rassure en s’appuyant sur le mythe sur lequel ils ont construit toutes leurs croyances plutôt que d’aller vers un autre mythe.
Toutefois, Michael explique également très bien qu’une fois que ce destin commun défini, les gens ne savent toujours pas comment s’y prendre…ils ont un peu les bras ballants devant l’immensité de la tâche.

Peut être qu’il faut simplement s’arrêter, stopper cette vague de l’entrepreneuriat à tout prix, pour se poser et réfléchir.
Cela pourrait nous permettre de redéfinir un récit commun, une histoire dans laquelle chacun à envie de se retrouver.
Voire comme Mathieu Bodin le proposait, créer un ministère du temps long qui prendrait en considération la vie dans son ensemble afin de s’assurer un destin commun.
Le mystique et la magie sont en train de revenir un peu partout en particulier par la culture orientale et c’est de cette manière que l’on va retrouver de l’espérance.

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Vlan #64 Comment vos émotions sont-elles manipulées à travers les réseaux sociaux?

mardi 30 octobre 2018 à 09:30

Guy Philippe Goldstein est chercheur et intervenant à l’école de guerre économique  et est spécialisé sur la cyber sécurité et la manipulation des émotions.
Ce titre semble sortir tout droit de la série de science fiction Black Mirror et pourtant…
On a tous entendu parlé des scandales liés aux fake news, des trolls Russie ou encore de Cambridge Analytica.
Pourtant, la majorité d’entres nous ne savent pas bien comment tout cela fonctionne vraiment.

Est-ce que cette supposée manipulation n’est pas la « fake news » ultime après tout?
Guy Philippe va vous prouver que non et va vous donner envie de vous méfier encore un peu plus des réseaux sociaux et plus particulièrement de Facebook.
Mais à la fin de l’épisode il donne aussi une solution inattendue que ce soit pour les soucis climatiques ou la manipulation des émotions.

 

 

La manipulation des émotions sur Facebook est une réalité

 

D’abord il y a eu cette étude en 2014 de l’université de Cornell en association avec Facebook qui sans vraiment de déontologie a essayé de se rendre comprendre s’il pouvait influer sur les émotions des utilisateurs de Facebook. Test validé puisqu’ils ont réussi à rendre les gens plus ou moins heureux ou malheureux.
On a tendance à se concentrer sur ce qui est vrai ou ce qui est faux lorsque l’on voit les messages d’un tel ou d’un tel mais ce qui est oublié ce sont les émotions que cela génère.
Cambridge Analytica comme d’autres sociétés utilisent un standard d’analyse des traits de personnalité (Big Five) qui se base sur 5 grands traits: l’ouverture aux idées nouvelles, le fait d’être consciencieux, extraversion/introversion, l’empathie et enfin, le capacité à garder son calme.
Vous vous demandez sans doute comment on peut connaître ces éléments sur vous?
En réalité, votre activité sur les réseaux sociaux parle pour vous. En fonction de votre manière de partager, de commenter, de liker et bien sur en fonction du contenu sur lequel vous interagissez, il est facile de définir l’ensemble de ces éléments.
Si votre CSP peut expliquer jusqu’à 25% de vos agissements, votre profil de personnalité peut en expliquer jusqu’à 47% aujourd’hui.
Dans un premier temps cela permet de cibler les bons messages en fonction des profils des personnes mais ce n’est pas tout….

 

Déstabiliser la stabilité émotionnelle par la peur afin de favoriser la montée des extrêmes

 

En fait en amplifiant le sentiment de désordre de manière hyper ciblée, on peut faire basculer une personne avec un bon niveau de stabilité émotionnelle (vote pour un parti modéré) vers les extrêmes.
C’est exactement ce qui a été fait aux U.S. mais aussi dans les autres pays ou les politiques se sont mis à investir très largement sur Facebook à travers la publicité
Ils ont ainsi diffusé des messages de désordre.
Cela est d’autant plus facile que les messages négatifs (un message de peur) et surprenant se diffusent 10 fois plus que les messages positifs et non surprenants.
Ils ont également identifié que les personnes qui propageaient ces messages de peur étaient souvent isolées.
La capacité nouvelle pour ces personnes d’envoyer des messages à travers les réseaux sociaux leur permettent de créer une forme de lien sociaux à travers une audience.
Ce qui est très particulier comme le souligne Guy Philippe, c’est que les médias traditionnels sont réglementés mais pas Facebook.
Ors si la réglementation des médias traditionnels impose à ces dernier de proposer aux U.S. au moins 2h de messages objectif par jour, Facebook n’a pas d’obligation particulière.
Et dans la mesure ou pour un certain nombre de personnes, Facebook représente la seule source d’informations…on comprend facilement où se trouve le souci.
C’est donc tout l’intérêt des politiques extrémistes de décrédibiliser les médias traditionnels pour renfermer les personnes vers les réseaux sociaux et faire naitre chez eux, le sentiment dont ils ont besoin pour les destabiliser un peu plus.

 

Les réseaux sociaux ont détruit la résilience sociale

Comme l’explique Guy Philippe, la résilience sociale, c’est la capacité à avoir des liens avec des personnes proches et éloignées.
Au fondement de cette résilience sociale, on retrouve la nécessité de liens forts et des liens faibles mais également des liens qui permettent de connecter 2 endroits qui n’ont à priori rien à voir entre eux.
Les bulles créent par les réseaux sociaux ont cassé cette résilience sociale et cela bénéficie aux partis extrémistes bien sur car cela implique un renfermement sur soi et donc de la peur.
L’une des toutes premières étapes de la radicalisation, c’est la remise en cause du monde vu par les médias traditionnels nationaux.
De la même manière, il s’agit bien ici de manipulation des émotions puisqu’on essaie de casser le groupe pour renfermer les personnes vers un groupe plus sectaire.
On peut évidemment étendre la technique pour des raisons commerciales et comme le souligne Guy Philippe, si aujourd’hui, nous sommes capables de manipuler jusqu’à 70% des agissements à travers les CSP et les traits de personnalité, on peut imaginer que demain nous serons capables d’aller plus loin.
Se pose donc nécessairement une question d’éthique.
Ce qui est essentiel selon lui, c’est de permettre au consommateur de garder sa raison critique en maintenant leurs résiliences cognitives.
Pas certain de savoir comment atteindre cette mission si ce n’est en démantelant Facebook qui a pris une place trop importante. A la taille de l’Europe, nous avons encore un mot à dire.
A nous de nous faire entendre.

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